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CAP cuisine&innovation

Articles avec #marche tag

Supermarchés du futur ?

27 Septembre 2015 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #italie, #marché, #restaurant

Supermarchés du futur ?

Expérience et découvertes en Italie. suite :

Sur l'Expo de Milan, l'enseigne de supermarchés Coop avait son pavillon, sous la forme d'un supermarché du futur, selon eux.

Dans les rayons, les mêmes produits que dans l'assortiment habituel, aux mêmes prix (et c'est à noter vu les prix hauts globalement pratiqués sur l'Expo), peut-être un peu plus de produits bio ou pour les régimes spéciaux ? des pâtes sans gluten, des graines (dont de chanvre ! qui se dit canapa en italien) pour les régimes végétariens...

Leur idée ou ce que j'en ai compris en en faisant une visite rapide : grâce au digital et aux robots, on va pouvoir améliorer le service au client.

Alors ?

les étiquettes produit sur les rayonnages sont des mini-écrans digitaux, plus facile pour changer les prix, ça existe déjà mais là c'était joli, soit !

à côté des produits, des écrans, un par produit, avec toutes les informations utiles pour aider au choix, une étiquette ++ et lisible, ce qui n'est pas rien.

des caisses automatiques, qui laissaient un peu perplexes les Italiens...

des bras robotisés pour trier les fruits, ôter des rayons les fruits abimés.

Plein de clients, mais finalement l'impression d'être seul face à des écrans. J'ai entendu une petite fille dire "ça sera pas comme ça dans le futur, maman ?" avec un peu d'angoisse dans la voix.

Supermarchés du futur ?Supermarchés du futur ?Supermarchés du futur ?
Je ne résiste pas à l'envie de mettre en parallèle ces 2 photos, à gauche, une simulation de salle de marché au Pavillon 0 de l'Expo, qui raconte l'évolution de l'alimentation et dénonce le gaspillage alimentaire et un peu aussi la spéculation sur les biens alimentaires ; à droite, vu sur les écrans de la Coop du futur... Je ne résiste pas à l'envie de mettre en parallèle ces 2 photos, à gauche, une simulation de salle de marché au Pavillon 0 de l'Expo, qui raconte l'évolution de l'alimentation et dénonce le gaspillage alimentaire et un peu aussi la spéculation sur les biens alimentaires ; à droite, vu sur les écrans de la Coop du futur...

Je ne résiste pas à l'envie de mettre en parallèle ces 2 photos, à gauche, une simulation de salle de marché au Pavillon 0 de l'Expo, qui raconte l'évolution de l'alimentation et dénonce le gaspillage alimentaire et un peu aussi la spéculation sur les biens alimentaires ; à droite, vu sur les écrans de la Coop du futur...

Supermarchés du futur ?

En ville, l'enseigne Eataly (fameux jeu de mots !), l'enseigne joue sur la qualité, de l'espace, de la lumière, des rayonnages proprets en bois.

ça ressemble à de l'épicerie fine, à un Lafayette Gourmet ; en y regardant de plus près, la côte de boeuf standard est à 26 € le kilo, rien d'excessif.

Le concept de restauration associé y est poussé à fond. Autour d'un grand hall aéré et des escaliers qui amènent jusqu'à un 3ème étage qui présente une belle cave, les rayons de produits à acheter en libre service, les stands des boulangers, bouchers, fromagers, poissonniers, pâtes, et dans chaque coin à chaque étage, un lieu de restauration qui utilise spécifiquement les produits de l'étage. Un restaurant de pizzas et pâtes au rez-de-chaussée, un restaurant de risotto et légumes et poissons / crustacés au premier...

Ah et j'oubliais, une scène équipée d'un piano et d'une batterie pour des animations musicales en soirée j'imagine.

J'avais vu un concept à peu près équivalent en Espagne, avec surtout les restaurants et sans le LS, où là par contre, on doit faire la queue à chaque stand et on revient s'asseoir au milieu pour déguster. Ici, chaque lieu de restauration est un espace à peu près clos, où on vous remet la carte, vous choisissez, et on vous sert à table. Un restaurant, quoi ! Pas un lieu où on picore au gré de ses envies, donc.

Le hic de la lumière et de la décoration épurée dans les espaces de restauration, c'est un côté cafeteria de supermarché, de bonne cafeteria certes, mais qui renvoie à une consommation rapide de midi pendant une journée de travail, plus que sur des repas de loisir.

riz sous-vide pour pour bien les préserver, un nombre de référence impressionnant. Des mélanges pour risotto avec aromates (au citron, aux orties, aux tomates...) déjà salés, avec de la poudre de miso pour remplacer le bouillon ; j'ai testé et ça fonctionne plutôt bien, en ajoutant simplement un peu de vin blanc, puis de l'eau et du parmesan en finition.riz sous-vide pour pour bien les préserver, un nombre de référence impressionnant. Des mélanges pour risotto avec aromates (au citron, aux orties, aux tomates...) déjà salés, avec de la poudre de miso pour remplacer le bouillon ; j'ai testé et ça fonctionne plutôt bien, en ajoutant simplement un peu de vin blanc, puis de l'eau et du parmesan en finition.

riz sous-vide pour pour bien les préserver, un nombre de référence impressionnant. Des mélanges pour risotto avec aromates (au citron, aux orties, aux tomates...) déjà salés, avec de la poudre de miso pour remplacer le bouillon ; j'ai testé et ça fonctionne plutôt bien, en ajoutant simplement un peu de vin blanc, puis de l'eau et du parmesan en finition.

Sèches ou fraîches, un vrai stand de pâtes où l'on passe sa commande comme à la boucherie. J'ai appris à plier des tortellinis, je reviens là-dessus plus tard !Sèches ou fraîches, un vrai stand de pâtes où l'on passe sa commande comme à la boucherie. J'ai appris à plier des tortellinis, je reviens là-dessus plus tard !
Sèches ou fraîches, un vrai stand de pâtes où l'on passe sa commande comme à la boucherie. J'ai appris à plier des tortellinis, je reviens là-dessus plus tard !Sèches ou fraîches, un vrai stand de pâtes où l'on passe sa commande comme à la boucherie. J'ai appris à plier des tortellinis, je reviens là-dessus plus tard !Sèches ou fraîches, un vrai stand de pâtes où l'on passe sa commande comme à la boucherie. J'ai appris à plier des tortellinis, je reviens là-dessus plus tard !

Sèches ou fraîches, un vrai stand de pâtes où l'on passe sa commande comme à la boucherie. J'ai appris à plier des tortellinis, je reviens là-dessus plus tard !

A la coupe en boucherie, des découpes et formes différentes de celles que l'on connaît (notamment ces saucisses en croissant, qu'on place dans un pain), et apparemment le même "culte" que chez nous pour la côte de boeuf...A la coupe en boucherie, des découpes et formes différentes de celles que l'on connaît (notamment ces saucisses en croissant, qu'on place dans un pain), et apparemment le même "culte" que chez nous pour la côte de boeuf...A la coupe en boucherie, des découpes et formes différentes de celles que l'on connaît (notamment ces saucisses en croissant, qu'on place dans un pain), et apparemment le même "culte" que chez nous pour la côte de boeuf...

A la coupe en boucherie, des découpes et formes différentes de celles que l'on connaît (notamment ces saucisses en croissant, qu'on place dans un pain), et apparemment le même "culte" que chez nous pour la côte de boeuf...

Plusieurs rayonnages de charcuterie, la crue, la cuite, 2 étals de crue, peut-être bien pour celle que l'on consomme directement d'une part, et celle que l'on va cuisiner d'autre part...Plusieurs rayonnages de charcuterie, la crue, la cuite, 2 étals de crue, peut-être bien pour celle que l'on consomme directement d'une part, et celle que l'on va cuisiner d'autre part...
Plusieurs rayonnages de charcuterie, la crue, la cuite, 2 étals de crue, peut-être bien pour celle que l'on consomme directement d'une part, et celle que l'on va cuisiner d'autre part...Plusieurs rayonnages de charcuterie, la crue, la cuite, 2 étals de crue, peut-être bien pour celle que l'on consomme directement d'une part, et celle que l'on va cuisiner d'autre part...Plusieurs rayonnages de charcuterie, la crue, la cuite, 2 étals de crue, peut-être bien pour celle que l'on consomme directement d'une part, et celle que l'on va cuisiner d'autre part...

Plusieurs rayonnages de charcuterie, la crue, la cuite, 2 étals de crue, peut-être bien pour celle que l'on consomme directement d'une part, et celle que l'on va cuisiner d'autre part...

J'avoue de ne pas m'être beaucoup intéressée au fromage, juste noté cette forme particulière, que l'on trouve en fromage frais et également en pâte dure. Quel goût ça a, je serai bien en peine de le dire par contre... Même si j'ai quand même goûté des fromages volontairement ou à mon corps défendant...J'avoue de ne pas m'être beaucoup intéressée au fromage, juste noté cette forme particulière, que l'on trouve en fromage frais et également en pâte dure. Quel goût ça a, je serai bien en peine de le dire par contre... Même si j'ai quand même goûté des fromages volontairement ou à mon corps défendant...

J'avoue de ne pas m'être beaucoup intéressée au fromage, juste noté cette forme particulière, que l'on trouve en fromage frais et également en pâte dure. Quel goût ça a, je serai bien en peine de le dire par contre... Même si j'ai quand même goûté des fromages volontairement ou à mon corps défendant...

Très jolis bocaux de tomates, pestos, pleins, pleins de choix, sauces très réduites à base d'herbes, de légumes, de noix, de viande, pous enrober les pâtes.Très jolis bocaux de tomates, pestos, pleins, pleins de choix, sauces très réduites à base d'herbes, de légumes, de noix, de viande, pous enrober les pâtes.Très jolis bocaux de tomates, pestos, pleins, pleins de choix, sauces très réduites à base d'herbes, de légumes, de noix, de viande, pous enrober les pâtes.

Très jolis bocaux de tomates, pestos, pleins, pleins de choix, sauces très réduites à base d'herbes, de légumes, de noix, de viande, pous enrober les pâtes.

Supermarchés du futur ?

Du côté de Navigli, un autre lieu hybride.

Là où Eataly semble être un lieu sérieux et gastronomique qui offre de la convivialité, le mercato de Navigli est d'abord un lieu de convivialité où l'on peut trouver des pépites pointues mais aussi du facile et consensuel.

C'est un ancien hall en métal, qui a un petit air du hangar à banane de Nantes. Aujourd'hui réhabilité, on y trouve un très long couloir où se suivent des stands de tapas par produit, sandwiches, foccacias, fruits de mer, glaces, caves à vin... Et dans le fond, un espace d'épicerie fine avec à la fois des fruits, des eaux minérales en très jolies bouteilles verre et des farines classées par degré brick qui m'intriguent fortement...

Le mercato est ouvert de 11h du matin à minuit, de quoi servir à la fois des personnes qui viennent rapidement se restaurer, ou celles qui viennent y passer la soirée !

Supermarchés du futur ?Supermarchés du futur ?
Supermarchés du futur ?Supermarchés du futur ?
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Marchés, Supermarchés, "Super" marchés

10 Septembre 2015 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #italie, #marché

Regard très partiel, je n'y ai pas vraiment fait de vraies courses, juste des tours pour explorer et faire quelques achats d'avant départ...

Marchés, Supermarchés, "Super" marchés

Sur les marchés

J'ai visité celui de Milan et celui de Rho. Vraiment sympa celui de Rho, plus que des fruits et légumes, et un peu de poisson ; du fromage, de la charcuterie, de la boulangerie et des foccacias, et tout un arsenal de non-alimentaire, art de la table, vaisselle de cuisson, équipement de la maison, quincaillerie...

J'ai goûté des figues de barbarie "produit d'Italie", des fruits croisés pêche et abricot (pas terrible j'ai trouvé), des prunes, des petites poires délicieuses.

J'ai vu des champignons, aubergines, pastèques gigantesques, doppés je dirais !

Impossible par contre de trouver des tomates autres qu'allongées. J'en avais acheté quelques unes, des grandes et des petites en grappe : le goût des tomates allongées, ni plus ni moins, pas exceptionnelles.

Le mieux peut-être, les pêches muries à point, juteuses, sucrées, goûteuses. La bonne saison !

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Des produits qui m'ont interpelée et questionné, je n'ai pas eu les réponses à tout !

  • bitter gourd - vu en Inde, le nom en italien ressemble à mon souvenir du nom indien
  • fleurs de courgettes - vu en Inde aussi, en beignet, se fait aussi en tempura, et j'en ai vu une recette farcie au restaurant
  • tiges de cucurbitacés - mais que fait-on avec ça en cuisine ?
  • champignons "porcini" - vus plusieurs fois à la carte des restaurants, pas trouvé la traduction

J'ai bien aimé cette impression d'instant présent, qu'il n'y avait qu'une variété de tomates disponibles sur le moment, que c'était le début des poires, que c'était juste le moment idéal pour les pêches et que les fleurs de courgettes c'est fragile.

C'est le moment d'aller dormir, je me contente d'un teasing pour la suite : ce sera de parler de l'expérience de supermarché du futur de l'enseigne Coop, qui a un petit côté Minority Report, et ça me donnera peut-être l'occasion de parler du Pavillon zéro et de la partie consacrée au gaspillage alimentaire ; et aussi de magasins hybrides mi-magasin, mi-restaurant, espace de vie et de convivialité.

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Manger tard à Madrid

2 Mai 2015 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #marché, #Espagne

En début d'année, je me suis cassée les dents un samedi soir à la recherche d'un restaurant, presque une randonnée pour se faire entendre dire partout "on est complet". ça m'avait d'ailleurs donné l'idée d'un pré-restaurant, où l'on pourrait attendre le deuxième service....

En Espagne, où j'étais le week-end dernier, c'est plus simple : si on ne trouve pas de place dans un restaurant (ou si l'on veut aller manger un petit quelque chose avant de dîner en vrai), on peut toujours se rabattre sur les marchés !

Le concept, qu'on aimerait bien trouvé un peu plus en France, c'est un ensemble d'étals où l'on peut acheter des petits plats prêts à être déguster, à boire, et ce qu'il faut de tables (hautes), comptoirs, et tabourets pour s'installer pendant que l'on déguste.

Samedi soir, on a ainsi dîné au marché San Anton (près du quartier Tribunal). Bien tard, mais bien sympathique et sans se sentir pressé.

Ce qu'il faut noter quand même, c'est que ce genre de concept demande un peu de pratique ou une forme de mode d'emploi ; de la même façon qu'on peut se demander comment agir la première fois que l'on va chez McDonald, tout ce qu'il faut savoir et donner comme information en si peu de temps, savoir où l'on va, ce qu'on commande où, s'il faut commencer par s'asseoir ou par commander... Ce qui nous a fait renoncer au Plateo, une grande place de marché bondée un peu plus tôt dans la soirée. Trop de queue, trop de complexité dans la façon de commander...

Pour que ça fonctionne, il faut que l'on voit ce qu'on mange, c'est ce qu'appliquent tous les étals ! La complexité pour les produits cuisinés, c'est de les montrer de façon appétissante pendant toute la durée du service...

Manger tard à Madrid
Manger tard à Madrid
Manger tard à Madrid
Manger tard à Madrid
Manger tard à Madrid
Manger tard à Madrid
Manger tard à Madrid

Des petites tartines (biscottes) de morue et de poulpe pour démarrer.

Trop tard hélas pour commander les oursins et pousse-pieds, cet étal-là fermait. Ce sera pour une prochaine fois, sûr !

On a donc terminé simplement par des spécialités des Canaries, copieux, savoureux, goûteux : pommes de terre sautées enrobées d'une sauce de tomates, poivrons, oignons et un effiloché de viande avec des pommes de terre et des pois chiches, le genre de plats qu'on fait à partir d'un ragoût pour avoir de la viande bien mijotée et fondante, bien enrobée des aromates de la cuisson et du bouillon.

A noter aussi pour la prochaine fois en Espagne : goûter au Cocido, le plat typique de Madrid, plutôt d'hiver, un genre de pot au feu, avec des pois chiches également.

Ce que je mets à mon compteur par contre, c'est la réalisation de la paëlla mixte, avec du poulet, des crevettes, des grosses moules, des calamars, des petites coques, des petits artichauts frais. Ce genre de plat traditionnel qui ne nécessite que peu de vaisselle, on fait tout cuire dans le même plat, si ce n'est que ce qui fait une bonne paëlla, c'est la qualité du bouillon bien corséCe que je mets à mon compteur par contre, c'est la réalisation de la paëlla mixte, avec du poulet, des crevettes, des grosses moules, des calamars, des petites coques, des petits artichauts frais. Ce genre de plat traditionnel qui ne nécessite que peu de vaisselle, on fait tout cuire dans le même plat, si ce n'est que ce qui fait une bonne paëlla, c'est la qualité du bouillon bien corséCe que je mets à mon compteur par contre, c'est la réalisation de la paëlla mixte, avec du poulet, des crevettes, des grosses moules, des calamars, des petites coques, des petits artichauts frais. Ce genre de plat traditionnel qui ne nécessite que peu de vaisselle, on fait tout cuire dans le même plat, si ce n'est que ce qui fait une bonne paëlla, c'est la qualité du bouillon bien corsé

Ce que je mets à mon compteur par contre, c'est la réalisation de la paëlla mixte, avec du poulet, des crevettes, des grosses moules, des calamars, des petites coques, des petits artichauts frais. Ce genre de plat traditionnel qui ne nécessite que peu de vaisselle, on fait tout cuire dans le même plat, si ce n'est que ce qui fait une bonne paëlla, c'est la qualité du bouillon bien corsé

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Que faire avec un poulet,

20 Avril 2015 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #poulet, #Recette, #marché

un peu d'imagination et de temps, et l'envie de ne pas gâcher ?

Au marché des Lices samedi matin avec la bouchère, devant le poulet fermier (2,5 kg) que j'avais choisi :

"Laissez-moi le temps de le découper

- Non non, laissez, je vais me débrouiller.

- ..." silence un peu perplexe de la bouchère...

Depuis l'épisode de la pintade et les conseils de Thierry, je me sens assez à l'aise avec la découpe des volailles à cru, avec un bon couteau à filet de sole.

Que faire avec un poulet,

Avec les gésiers, le coeur, le foie et les parures que j'ai pris le temps de découper, j'ai fait une petite rillette, en ajoutant du foie gras cru.

J'ai fait suer des oignons, fait réduire la viande dans les oignons, ajouté un peu de graisse de canard et quand c'était bien évaporé, j'ai ajouté un jus de persil.

Il a quand même fallu passer ma farce cuite au mixeur, les abats ça ne s'effiloche pas comme une rillette.

Résultat : c'était plus un pâté, mais c'est plutôt pas mal, gourmand, soyeux, goûteux.

A l'apéritif samedi soir, on en a mangé une bonne partie, un bon point sans doute...

Que faire avec un poulet,

Avec la carcasse, un bouillon de poulet. J'ai ajouté pas mal de persil, du vert de poireau, des carottes, des oignons et un bâton de citronnelle. ça donne du goût, la citronnelle. Je cherchais une note un peu "thaï", c'est réussi. Impossible par contre d'envisager d'utiliser ce bouillon dans des recettes où on ne voudrait pas cette couleur.

ça tombait bien, ce que j'avais envie d'en faire c'était une soupe au lait de coco. J'ai porté le bouillon à ébullition, ajouté les poireaux émincés et laissé juste revenir l'ébullition, puis les champignons noirs émincés et le lait de coco en toute fin. Un peu de piment et le tour est joué.

Résultat : le goût de coco était très léger, un joli équilibre avec le goût de poulet, et de la fraîcheur avec la citronnelle et le poireau. De la rondeur aussi

Que faire avec un poulet,

Avec les blancs et les cuisses, j'ai eu 8 beaux morceaux. Et j'ai fait du poulet Mole Poblano, sur la base de la 1ère recette que j'ai tentée (il y a 2 ans déjà !!). Pas de concentré de tomate, j'ai mis de la courge muscade que j'avais au congélateur, et puis j'ai bien bien bien laissé réduire le mélange d'épices et d'aromates avant de l'ajouter à la viande marquée / colorée, dans une marmite déglacée et mouillée à l'eau (parce que mon bouillon de volaille était trop citronnellé).

Résultat : toujours pas très photogénique, mais plutôt bon, plein de saveurs mélangées et l'intérêt de la banane jetée dans la sauce une fois la marmite sortie du feu

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Gastronomie lyonnaise, 1ers pas

30 Janvier 2015 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #restaurant, #française, #marché

De retour du Sirha (je reviendrai sur ce que j'y ai vu), quelques découvertes culinaires de la cuisine lyonnaise à partager.

On connaît les bouchons lyonnais, j'ai appris que c'est une appellation réservée, une sorte de label pour identifier les restaurants qui servent de la vraie cuisine lyonnaise. Il y a une forme d'audit, sans doute une association qui pilote, et un logo que l'on peut trouver sur les façades ou les cartes.

C'est quoi la gastronomie lyonnaise ?

Je m'essaie à une description avant de citer quelques plats : c'est peut-être une forme de cuisine traditionnelle française, qui s'est maintenue ici plus qu'ailleurs (ou originaire d'ici avant d'avoir essaimer ?). C'est une cuisine assez riche, et sans chichi,

Des ingrédients marqueurs : les abats (tripes, tête de veau...), la charcuterie (saucisson lyonnais, lardons, gâteau de foie...), les poissons d'eau douce, le St-Marcellin (entre autres fromages), les pralines...

Des ingrédients assez absents : les légumes, à part un peu de salade. Ce qui m'amène un peu à m'interroger sur ce qu'on mange en été dans les bouchons !

Bien sûr, et sans que je sache qui de l'oeuf ou la poule, Lyon est fortement marqué par Paul Bocuse, qui a nombre de restaurants dans la ville, qui donne son nom au concours mondial de cuisine qui se déroule pendant le Sirha...

Des recettes significatives :

  • quenelle de brochet sauce écrevisse
  • saucisson chaud
  • sabodet : des tripes ?
  • cervelle de canut : fromage blanc + herbes ciselées
  • salade de lardons maison et oeuf poché
  • les desserts des bouchons, qui ressemblent à des desserts de la maison et qui donnent tous envie : riz au lait, pain perdu, moelleux au chocolat...
Au menu un des soirs : jols (petits poissons en friture), cuisses de grenouille (les manger nous a amenés à nous demander pourquoi ce mets est-il devenu désuet ? pourquoi a-t-on arrêté d'en consommer ?)Au menu un des soirs : jols (petits poissons en friture), cuisses de grenouille (les manger nous a amenés à nous demander pourquoi ce mets est-il devenu désuet ? pourquoi a-t-on arrêté d'en consommer ?)

Au menu un des soirs : jols (petits poissons en friture), cuisses de grenouille (les manger nous a amenés à nous demander pourquoi ce mets est-il devenu désuet ? pourquoi a-t-on arrêté d'en consommer ?)

La tarte aux pralines, la brioche aux pralines. Ce rouge flamboyant dans les pâtisseries et dans les desserts des bouchons également. ça me questionne ce rouge. Faudra que je creuse ça aussi...La tarte aux pralines, la brioche aux pralines. Ce rouge flamboyant dans les pâtisseries et dans les desserts des bouchons également. ça me questionne ce rouge. Faudra que je creuse ça aussi...La tarte aux pralines, la brioche aux pralines. Ce rouge flamboyant dans les pâtisseries et dans les desserts des bouchons également. ça me questionne ce rouge. Faudra que je creuse ça aussi...

La tarte aux pralines, la brioche aux pralines. Ce rouge flamboyant dans les pâtisseries et dans les desserts des bouchons également. ça me questionne ce rouge. Faudra que je creuse ça aussi...

Les halles Paul Bocuse où l'on trouve notamment les poulets de Bresse avec leur panache de plumes sur la tête, des andouillettes de diverses tailles, un traiteur libanais qui m'a donné très envie...Les halles Paul Bocuse où l'on trouve notamment les poulets de Bresse avec leur panache de plumes sur la tête, des andouillettes de diverses tailles, un traiteur libanais qui m'a donné très envie...Les halles Paul Bocuse où l'on trouve notamment les poulets de Bresse avec leur panache de plumes sur la tête, des andouillettes de diverses tailles, un traiteur libanais qui m'a donné très envie...

Les halles Paul Bocuse où l'on trouve notamment les poulets de Bresse avec leur panache de plumes sur la tête, des andouillettes de diverses tailles, un traiteur libanais qui m'a donné très envie...

Gastronomie lyonnaise, 1ers pas

Aux halles Paul Bocuse, j'ai bien aimé voir des recettes proposées avec les produits. on y sent un certain amour des produits et une envie de transmettre.

On peut y manger, pas en picorant de stand en stand (comme au marché San Miguel à Madrid, qui est une vraie référence pour moi !) mais dans de vrais bistrots qui s'approvisionnent surtout dans ces halles. Mon collègue Tugdual m'en a vanté les mérites ! Il paraît que pendant le Sirha, c'est aussi ouvert le soir, à noter pour la prochaine édition !

J'adore ces sessions d'exploration culinaire !

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Toute une journée pour un dîner

6 Avril 2014 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #Recette, #légumes, #pâtisserie, #technique, #caramel, #marché

Le contraire de la cuisine des restes, j'ai d'abord passé un peu de temps à construire mon menu. Je partais pas de zéro, il fallait tourner autour de quelques produits que j'avais envie d'utiliser (du confit d'aubergine et de courgettes, du veau cuisiné) et tenir compte du fait que Nicolas n'aime pas le poisson, que Marine et Guillaume n'auraient sans doute pas envie de manger du poulet. Et élément complémentaire, un "défi" lancé à la volée à un ami qui devait cuisiner samedi soir également : on s'est imposé des asperges (parce que la saison commence) et une émulsion.

Voilà pour les contraintes, et donc une liste de courses pour le marché des Lices.

Il me fallait : un rôti de boeuf, des asperges, des carottes, des pommes de terre, du céleri, des oignons, du persil, des fraises, de la crème fraîche, des oeufs, du beurre, du pain, du vin blanc pour l'apéro.

Et puis laisser l'inspiration venir au fil des courses...

Au marché des Lices, on sent l'entre-deux saisons - on est en plein dans les poireaux, il reste des courges et des butternuts, mais il y a aussi des fraises, des asperges, et déjà des melons, des poivrons, des tomates... (qui ne doivent pas être du coin !)Au marché des Lices, on sent l'entre-deux saisons - on est en plein dans les poireaux, il reste des courges et des butternuts, mais il y a aussi des fraises, des asperges, et déjà des melons, des poivrons, des tomates... (qui ne doivent pas être du coin !)

Au marché des Lices, on sent l'entre-deux saisons - on est en plein dans les poireaux, il reste des courges et des butternuts, mais il y a aussi des fraises, des asperges, et déjà des melons, des poivrons, des tomates... (qui ne doivent pas être du coin !)

Toute une journée pour un dîner

Je ne me suis pas contentée du marché, tant qu'à vouloir bien faire les choses...

La boulangerie, et le caviste pour du vin et puis du saucisson fumé parce que j'ai trouvé un petit vin blanc qui va bien avec la charcuterie.

Plus facile en supermarché pour le beurre, les oeufs, la crème fleurette. Et j'ai aussi trouvé le nouveau pâté Hénaff épicé, que j'avais envie de goûter et de faire goûter.

Et puis à l'épicerie asiatique, qui fait bien plus que de l'épicerie, j'ai fait chou blanc sur ce que je cherchais mais ai trouvé du malanga, pour faire des acras, comme en Guadeloupe ; et ça aussi ça faisait plaisir de pouvoir le partager.

De retour à la maison, y avait plus qu'à se mettre au travail. Et il y en avait un peu... Et ça faisait longtemps que j'avais pas cuisiné autant, et c'est en pratiquant qu'on apprend, sans aucun doute.

Le résultat :

Les acras sans photo. Le malanga et la carotte râpés, de la farine de manioc, un peu de farine et d'eau pour bien lier. J'ai dû en rajouter un peu au moment de cuire. Pas inutile sans doute de laisser reposer un peu avant de cuire. Et ça marche beaucoup mieux avec de l'huile très chaude. En mémoire des beignets indiens, je n'ai pas salé la pâte, et j'ai bien salé les acras chauds, avec du sel aux herbes.

Toute une journée pour un dîner

Parmentier de veau

La viande : du collier de veau cuit en bouillon, comme pour en faire un fonds. J'ai poursuivi la cuisson jusqu'à ce que le jus s'évapore, que la viande se défasse bien, et commence à accrocher un peu, ce qui m'a permis de déglacer au vin blanc et d'apporter un peu d'acidité et de fraîcheur à l'ensemble.

L'écrasé de pommes de terre : des pommes de terre et du céleri boule, cuits ensemble à l'anglaise, écrasés et un peu séché dans la casserole, additionné de beurre, d'un peu de muscade, de 5 baies et de piment d'espelette.

Petite salade : de la mâche et du persil plat, avec de l'huile d'olive

Un trait de sauce, qui apportait un peu de rondeur : un jus corsé obtenu en laissant encore réduire un peu de viande, déglacé au vin rouge cette fois, un peu d'oignon, un peu de laurier et de thym, filtré et encore laissé réduire.

Ce que j'ai appris : céleri + pomme de terre + persil c'est assez doux et équilibré ; il faut pas mal de viande pour obtenir assez de suc pour le jus corsé.

Toute une journée pour un dîner

Filet de boeuf en croûte de courgette, riz aux asperges

La croûte : le confit de courgettes taillé en salpicon, de la chapelure et du beurre

La cuisson du rôti : marquer dans la poêle, saler et enrober de la croûte, enfourner, attendre et ne pas s'en occuper !

Les asperges "à la Passard" pour essayer : dans la poêle, les asperges vertes coupées en 3, les asperges blanches taillées dans le sens de la longueur pour éliminer au maximum les fils, un oignon, de l'eau à hauteur, du beurre. Et cuisson jusqu'à évaporation de l'eau

Les asperges "classiques", j'ai dû vérifier avant de le faire : à la cocotte minute 6 minutes

Le riz : dans mon bol à riz d'Inde, de l'ail, des graines de coriandre, un clou de girofle, une cardamone noire, un peu de laurier et de thym ; cuisson du riz par absorption avec 2 volumes d'eau sur le riz nacré. J'ai déposé les asperges vertes et blanches sur le dessus en fin de cuisson. Rien à voir avec un risotto, mais aucun risque-là à laisser trop longtemps et trop cuire

Une petite sauce : déglacé la poêle de la cuisson des légumes, un peu d'oignon, mouillé à l'eau, lié à la purée de confit d'aubergine, monté au beurre.

Ce que j'ai appris : la saveur de l'aubergine va très bien avec l'asperge, la leçon de Passard mise en pratique, mon entrée avec des légumes d'hiver, mon plat avec des légumes de printemps, et j'ai vraiment eu envie de ne pas mélanger mon céleri avec les asperges par exemple.

Et on s'est dit qu'on aurait pu faire la même chose avec un filet mignon de porc, peut-être mieux, même !

Toute une journée pour un dîner

Choux à l'orange

en pâture au milieu de la table, et chacun se sert.

Les choux : la recette du CAP, pas très facile à cuire avec mon four à gaz...

L'appareil orange : dans l'esprit des appareils à tarte au citron, une crème pâtissière mouillée au jus d'orange plutôt qu'au lait.

Le jeu de la poche à douille

Et puis, je me suis dit qu'il fallait un petit quelque chose d'un peu enveloppant, fort à la place de la meringue que j'avais prévu sur le dessus...

Caramel orange / vanille : j'ai blanchi 2 fois les zestes coupés en julienne, que j'ai ajouté au sirop dès que la coloration a commencé, en même temps que la gousse de vanille

32 petits choux, pour 6. 4 petits rescapés...

Ce que j'ai appris : l'appareil à "tarte à l'orange" c'est un joli mélange, bien équilibré et frais ; caramel + vanille + orange, c'est bien, et la chantilly vanillée avec, ça fonctionne aussi plutôt bien.

De petits éclairs, chantilly vanillée et fraises de Plougastel. J'ai chauffé un peu la crème pour que la vanille s'y infuse mieux, refroidi et laissé tout l'après-midi les saveurs diffuser. La vanille vient de Kumily (Kerala !) ; et sans doute que c'était bon, on a fini la chantilly, bol au milieu de la table, et on y a tous pioché au doigt ou à la cuillère...

De petits éclairs, chantilly vanillée et fraises de Plougastel. J'ai chauffé un peu la crème pour que la vanille s'y infuse mieux, refroidi et laissé tout l'après-midi les saveurs diffuser. La vanille vient de Kumily (Kerala !) ; et sans doute que c'était bon, on a fini la chantilly, bol au milieu de la table, et on y a tous pioché au doigt ou à la cuillère...

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Discours de cuisine

21 Décembre 2013 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #légumes, #analyse, #raconter, #Chef, #marché

Discours de cuisine

Au marché des Lices devant l'étal de ces tout petits potirons :

MOI : bonjour, qu'est-ce que c'est ces toutes petites courges ?

LE PETIT PAPY QUI TIENT L'ETAL : ce sont des petits potirons blancs, ce sont des "sweet quelque chose"

MOI : oh, et vous savez comment ça se cuisine ?

LUI: on m'a dit que ça pouvait se frire

MOI : et du coup, on garde la peau (je ne me voyais pas les éplucher)

LUI : oh ça je sais pas du tout

UNE CLIENTE (ironique) : ah c'est dommage ça, vous vendez des choses et vous savez pas ce qu'on peut en faire !

LE VENDEUR (s'excusant un peu) : c'est le semencier qui m'a proposé d'en prendre cette année, et il m'a pas dit comment on pouvait les cuisiner

MOI (dans ma barbe) : ah et il s'appelle comment ce semencier, parce que j'ai peut-être des services d'usages culinaires / marketing culinaire à lui offrir...

LA CLIENTE : je vous en aurais achetés si vous aviez pu me dire comment les cuisiner

LE VENDEUR : j'ai des clients qui m'en achètent toutes les semaines

LA CLIENTE : eh bien la semaine prochaine, vous leur demandez comment ils les cuisinent et comme ça je pourrai essayer moi aussi

MOI : je vais vous en prendre 4 pour essayer, avec les mini-potimarrons que j'ai achetés au marché de Betton dimanche dernier.

Discours de cuisine

Aboutissement de recherches internet sur la base de "petits potirons blancs" ; "baby sweet pumpkin"... :

Ces potirons sont des "baby boo" (to boo : huer ; un truc de fantômes sans doute...), Presque "sweet quelque chose" en somme.

Une variété sucrée, un peu farineuse, au goût de châtaigne, qu'on peut utiliser comme des pommes de terre (vaste sujet !) ou farcie. Chaque pièce fait autour de 120 - 150 g, 5 à 8 cm de diamètre, ce qui lui confère un intérêt esthétique évident.

Je ne sais toujours pas si on peut manger la peau par contre... (il s'appelle comment le semencier qu'il faut aller voir ?...)

La complexité de réaliser un plat simple

reprise exacte d'une page du livre de Randall Price, Chroniques culinaires et caustiques d'un cuisinier américain au fin fond de la France. Je viens de finir de le lire, quelques morceaux savoureux, des idées de cuisine, de recettes qui donnent envie de se mettre au fourneau, de jolis moments décrits, de longues descriptions architecturales, un peu trop de bienveillance envers tout et tous pour qu'on puisse vraiment dire que c'est caustique sans doute (sur une échelle de 1 à Stéphane Guillon, on serait à 2 ou 3 ?).

Ce petit morceau à suivre est une analyse intéressante et donne à réfléchir au-delà de la lecture récréative d'un roman :

Le passage commence par une citation de Jean, le maître du château d'Auvergne où exerce Randall Price en tant que Chef pendant tous les étés.
"J'admire votre travail. Je suis un homme simple, Randall. La nourriture sophistiquée que vous nous préparez est raffinée. C'est un festin pour nos amis, en particulier vos desserts. Mais j'ai des goûts simples. Ce que j'aime par dessus tout, c'est un oeuf frais et une salade du jardin, ou un simple poulet rôti. Je ne suis pas difficile à satisfaire."
[...]
Si quelqu'un prétend que tel produit est aisé à cuisiner, remballez vos couteaux et partez en courant. C'est toujours un mensonge. Certes, ces personnes qui vous assurent qu'elles préfèrent les plats simples sont sincères - mais ce qu'elles veulent dire, c'est qu'elles apprécient les plats simples bien préparés, ce qui n'est jamais simples. Et bien entendu, le risque est toujours de gâcher le goût d'un ingrédient par une préparation trop compliquée. Il arrive, en effet, que l'on maltraite la nourriture au lieu de la cuisiner. C'est une question d'équilibre. Jean me demanda un jour une salade de tomates, ce qui "comme chacun le sait", signifie que la tomate doit être mûre à point, épluchée à la perfection, et coupée en tranches épaisses et identiques. Serait également nécessaire un accompagnement d'oignons blancs [...], relevés d'une cuillerée à café de ciboulette hachée, arrosée d'un vinaigre de vin maison d'un degré acceptable, d'une cuillerée d'huile d'olive vierge extra, d'une toute petite pincée de sucre, de deux pincées de sel, d'une chiffonnade de feuilles de basilic frais [...], d'une discrète pointe d'ail, de trois gouttes de vinaigre balsamique vieilli, et tout cela mélangé rapidement avant de reposer au moins quinze minutes, et jamais plus de vingt.
[...] Il suffisait d'en connaître les secrets de fabrication. A l'inverse, une salade de tomates trop simple tourne aisément au cauchemar. Les tranches sont trop épaisses ou trop fines ? Pourquoi ai-je mis de l'oignon rouge et de l'huile de noix ? Y a-t-il assez de sel ? ... ...

Soit il est un peu tatillon le Jean. Mais quand on y réfléchit, on est tous un peu pareil sur les plats qu'on juge simples et qui font partie de nos histoires culinaires personnelles (que ce soit purement émotionnel ou tout à fait rationnel lié à une technique).

Trop de beurre dans un jambon-beurre et la sensation en est gâchée.

Prononcez à la Forest Gump : "maman mettait toujours de la poudre de curry pour cuire son poulet rôti." La couleur, le goût associé font partie de mes références du bon poulet rôti. La peau pas assez croustillante, les pommes de terre pas assez "cras" autour, les chairs autour du sot-l'y-laisse pas assez imbibées de la graisse de cuisson, et c'est râté !

Regarder quelqu'un poser une côte de boeuf sortie tout juste du frigo sur une plancha encore presque froide et c'est l'apoplexie, parce que cela signifie, la viande n'a pas tempéré, n'a pas une bonne petite marinade, va devoir cuire longtemps, ne va pas griller sur les pourtours... Aaaaaaaaaaargh et c'est trop tard, la chair a déjà commencé à colorer, terne et brun rouge, comme une viande bouillie, sacrilège ! Aucun moyen de le rattraper... Il faut rester poli. Il faut faire semblant de se réjouir de la voir sur le grill à mijoter ? C'en est trop... Réfléchir à la façon de sauver la tranche qu'on m'attribuera de ce mauvais traitement... La sauce... ?

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Dernier jour à Delhi, dernières emplettes et leçon de géographie

13 Décembre 2012 , Rédigé par capcuisineetinnovation Publié dans #Inde, #ingrédients, #à emporter, #marché

Je suis rentrée en Bretagne hier soir, je suis arrivée à Paris avant-hier soir, je suis partie de Delhi mardi matin et avant ça, j’ai passé une dernière journée à finir de remplir mon sac et à voir mes plans contrariés, comme il se doit !

Dernier jour à Delhi, dernières emplettes et leçon de géographie

1ère étape prévue : le Tibetan Camp de Delhi (un peu excentré au nord de la ville). Il paraît que c’est très vivant et très différent comme ambiance par rapport au reste de la ville, qu’on y trouve beaucoup d’artisanat tibétain (je voulais y acheter un bonnet en prévision de mon retour au froid notamment) et qu’on y mange de très bons momos, un genre de beignet vapeur.
J’y suis allée en toute insouciance touristique, pour découvrir en fait tout le village fermé, des ruelles très étroites, avec des alignements de maisons en dur assez hautes, et des rideaux de fer baissés partout. Pas un chat dans les rues ou presque.
Une des rares personnes que j’ai rencontrée m’a dit qu’il y avait un genre de « festival » aujourd’hui et que tout allait donc rester fermé.
Et je suis repartie en me disant que j’avais hélas fait une heure et demi de transport pour rien, et toujours insouciante.
Je viens de vérifier et en fait, le 10 décembre n’était pas l’anniversaire du chien du Dalaï Lama ou un autre truc insignifiant, c’est une journée décrétée de soutien au peuple tibétain, par le gouvernement en exil.
http://mobile.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-10-decembre-2012-journee-de-127203
Tant pis pour les momos, y a vraiment plus grave.

Retour au 10 décembre et à mon ignorance, j’ai donc filé à nouveau vers Chandhi Chowk, pour explorer un peu plus le quartier et tenter d’y finir mes achats d’épices avec un peu plus de bonheur qu’à Pahar Ganj.
Avant de partir au camp tibétain, j’avais essayé de mettre la main là-bas sur des sachets de 50 grammes de poudre de cumin, curcuma et piment. Hélas, ça a été aussi difficile que de trouver mon fry pan la veille. Et c’est là que la « leçon de géographie culinaire » commence. On n’a pas les mêmes habitudes de consommation à Delhi qu’à Puri, et Delhi a beau être la capitale, il y a des choses qu’on n’y trouve pas.
A Main Bazar, la rue principale (et la plus large) de Pahar Ganj, les magasins d’épices et d’épicerie se suivent (et se ressemblent). Je suis naïvement rentrée dans le 1er magasin venu avec ma liste et l’idée que j’allais pouvoir négocier un peu vu les volumes. Et là, surprise ! Les sachets de 50 grammes d’épices ce n’est pas du tout la norme, on est au moins sur 100 grammes, il a fallu que j’essaie 3 magasins pour commencer à en trouver, mais les emballages n’étaient pas très jolis… pas ceux que je connaissais de Puri en tout cas. Question de différence de niveau de vie (on achète et on stocke de plus grande quantité quand on a plus les moyens ?), d’habitudes culinaires…
Le cumin en poudre : très caractéristique de la cuisine végétarienne à Puri (on m’a dit là-bas qu’on utilisait de la coriandre en poudre à la place dans les plats de viande). Pas simple à trouver à Delhi…

Dernier jour à Delhi, dernières emplettes et leçon de géographie

Les 5 seeds (panch phoron : graines de fenouil, cumin (une des sortes de cumin, il en existe plusieurs), moutarde, fénugrec et graines d’oignon) : trop facile à trouver à Puri, sautées dans l’huile pour démarrer certains gravys et certains bhoja. Inexistantes et même inconnues dans le magasin d’épices où j’avais à peu près tout acheté la veille.

J’ai finalement appris que c’est un mélange tout à fait typique de la cuisine bengali, donc moins utilisé à Delhi.
Et à ceux qui penseraient que c’est un peu mesquin de vouloir seulement des sachets de 50 g pour les cadeaux, plutôt que des sachets de 100, je suis obligée de préciser que la question du poids est primordiale (et pénible) quand on a des dizaines de sachets à acheter et un avion à prendre !

Dernier jour à Delhi, dernières emplettes et leçon de géographie

A Chandhi Chowk, j’ai beaucoup aimé me balader. C’est le gros marché de la ville (et le marché en gros aussi). En sortant du métro, on traverse d’abord les échoppes de tissu, puis les bijouteries pour l’argent, l’or et les diamants, puis les magasins d’appareils électro-ménagers (attention ne pas s’imaginer des Darty !)…

Dernier jour à Delhi, dernières emplettes et leçon de géographieDernier jour à Delhi, dernières emplettes et leçon de géographie

Au moment où je commençais à me demander par où aller, un monsieur m’a abordé, m’a demandé ce que je cherchais et m’a guidé jusqu’aux magasins d’épices, en traversant les ruelles où l’on vend les fruits secs (noix de cajou, amandes, cacahuètes…).
En chemin, il m’a dit que j’avais peut-être fait une bêtise avec mes achats en vrac de la veille : pas sûr du tout que ce soit des épices ionisées et que nos estomacs d’européens les acceptent… Bon, ben, on verra bien et ce sera des choses à cuire longtemps…

Dernier jour à Delhi, dernières emplettes et leçon de géographie
Dernier jour à Delhi, dernières emplettes et leçon de géographie

Et je suis donc rentrée dans un joli magasin, où j’ai eu (encore une fois) envie de tout acheter, mais où on vendait un peu trop haut de gamme pour moi, malheureusement. Ma liste seule (sans les impulsions) représentait dans les 2800 roupies. Alors que j’étais, à la veille du départ, à jongler avec l’argent restant, plutôt qu’à pouvoir dépenser sans compter (et que j’avais déjà pas mal craqué sur les épices). Et puis ce n’était toujours pas ces jolis sachets bien jaunes, bien rouges, bien verts, bien kitch que j’avais envie de ramener…
Et pourtant, le vendeur avait un sacré argument : Christine Lagarde, en tant que patronne du FMI est venue dans la boutique, et a signé le registre des VIP ! Mais comment dire, pas sûr qu’on ait les mêmes rapports aux épices Christine et moi !

A tourner dans le quartier, en essayant de trouver ailleurs mes fameux sachets de 50 grammes, j’ai rencontré les mêmes difficultés qu’à Pahar Ganj.

Stop de réflexion dans un restaurant, boui-boui, le dernier du voyage. Et j’ai fait un truc incroyable 2 mois avant : j’ai demandé à arrêter le ventilateur parce qu’il faisait trop froid !

Stop de réflexion dans un restaurant, boui-boui, le dernier du voyage. Et j’ai fait un truc incroyable 2 mois avant : j’ai demandé à arrêter le ventilateur parce qu’il faisait trop froid !

Thali « Deluxe », avec naan et riz, un peu relevé mais vraiment bon. Pas mal de cannelle et de coriandre dans les sabjee.
Et du coup, ce sera panch phoron et quelques bricoles à Chandhi Chowk, et je retournerai à Pahar Ganj pour les sachets de 50 grammes.
Hasard des rencontres, le monsieur de tout à l’heure était pas loin du magasin d’épices quand j’en sortais. Il m’a demandé la suite de ma liste et m’a guidé vers les magasins de dal, pour que j’achète mes biri dal (hâte d’essayer de faire des dosa sur ma bilig !).

Dernier jour à Delhi, dernières emplettes et leçon de géographie

Par chance, ça ça a été simple et j’ai pu ensuite un peu errer dans le quartier, traverser les étals de vêtements, de fruits… et encore une fois me rendre compte de l’imagination des Indiens quant à la cuisine de rue.

Caramboles et un genre de pommes de terre, chaudes, et un cône d’encens au sommet de la pyramide, pour écarter les bestioles.

Caramboles et un genre de pommes de terre, chaudes, et un cône d’encens au sommet de la pyramide, pour écarter les bestioles.

Rentrée à Pahar Ganj en rickshaw, ça n’est pas si loin.
Ouf, j’ai réussi à me dépatouiller de tous mes achats d’épices tout près de l’hôtel.
Et dernier dîner au Minar, restaurant de l’outer circle de Connaught Place, New Delhi, contraste impressionnant avec Chandhi Chowk et Old Delhi, façades arrondies, avec colonnes et arcades, en 3 cercles concentriques, où tout le monde (ou presque) est habillé à l’occidentale, où on trouve le Mac Do, des boutiques de luxe et des magasins où l’on vous offre un discount si vous achetez pour 10 000 Rs de vêtements, à peu près la somme que j’ai dépensée par semaine à Puri, 2 à 3 fois le salaire mensuel de base ici…
Sur les conseils du réceptionniste de l’hôtel, j’y suis allée à pied. A peine 20 minutes de marche, une petite balade sur une avenue et un petit moment impressionnant au moment de traverser le flot des voitures de l’outer circle, pas de passage piéton, il faut bien se lancer à un moment où à un autre, ne pas courir, s’arrêter entre chacune des 5 ou 6 files désordonnées, et ça le fait.

Dernier jour à Delhi, dernières emplettes et leçon de géographie

J’ai mangé un curry de champignons et petits pois avec du chicken fried rice, servis avec des oignons crus, un pickles de choux-fleurs et une sauce froide menthe / coriandre.

Pas mal, mais je crois que je reste sur la bonne impression du Mushrom restaurant d’Allepey, peut-être mon meilleur restaurant veg pendant le séjour.
Et je suis rentrée à pied toujours à Pahar Ganj, en me disant que je me repérais assez facilement maintenant dans la ville. A peine 2 jours pour commencer à apprivoiser Delhi, ça en fait un endroit vraiment très accessible.

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Y a quoi sur les marchés ?

14 Novembre 2012 , Rédigé par capcuisineetinnovation Publié dans #Inde, #ingrédients, #légumes, #marché

Galerie des produits frais qu'on trouve ici et qu'on voit beaucoup en cuisine.

 

Pas mal de produits que l'on connaît bien en Europe :

  • pommes de terre, un peu plus sucrées, et présentes quasi partout
  • tomates, une variété ovale, pas assez bonne pour être mangée en crudités sans assaisonnement
  • chou-fleur
  • chou blanc pommé
  • carottes
  • betteraves rouges
  • oignons, ronds, un peu rosés, assez proches de l'oignon de Roscoff je dirais (sans être une spécialiste de l'oignon de Roscoff), consommé quasi autant cru que cuit
  • ail, plus petit que le nôtre
  • petits pois (vu seulement congelés)
  • concombres, des verts et des marrons qu'on mange également en crudités
  • poivron vert
  • potirons
  • bananes des petites et bien sucrées aux différents niveaux de maturité
  • pommes, très chères (en provenance du Kashmir)
  • raisins, des blancs et des rouges

 

Mais ce qui est le plus sympa, c'est quand même de découvrir des trucs étranges, étonnants, bizarres, nouveaux...

Custard apple, pas encore trouvé le nom en français, on mange la chair blanche et on crache le noyau noir, doux, vraiment fruité, pas mal du tout.

Custard apple, pas encore trouvé le nom en français, on mange la chair blanche et on crache le noyau noir, doux, vraiment fruité, pas mal du tout.

Marché aux fruits, "supèta", ça ressemble à une pomme de terre ronde et la chair est très forte en goût, "omla", gros groseilles à maquereaux, chair très ferme et très acide, pas terrible en ce moment, goyaves, pas mal les jaunes bien mûres.

Marché aux fruits, "supèta", ça ressemble à une pomme de terre ronde et la chair est très forte en goût, "omla", gros groseilles à maquereaux, chair très ferme et très acide, pas terrible en ce moment, goyaves, pas mal les jaunes bien mûres.

Oranges, ne pas se laisser tromper par la peau verte. Elle s'enlève facilement comme pour une mandarine et elles sont très bonnes en ce moment. la plupart du temps...

Oranges, ne pas se laisser tromper par la peau verte. Elle s'enlève facilement comme pour une mandarine et elles sont très bonnes en ce moment. la plupart du temps...

Oy (prononcez "Howo"), le nom anglais serait "dilenia speciosa", on épluche, on enlève le gros noyau, on cuit longuement et il faudra encore cracher les fibres au moment de la consommation. vu en chutney et en dalma.

Oy (prononcez "Howo"), le nom anglais serait "dilenia speciosa", on épluche, on enlève le gros noyau, on cuit longuement et il faudra encore cracher les fibres au moment de la consommation. vu en chutney et en dalma.

"Koikda", un genre de "pomme tamarin", dont j'ai vu utiliser la chair (enfermée dans une coque dure), dans un chutney cru, avec juste du sucre, des graines de cumin et du piment frais.

"Koikda", un genre de "pomme tamarin", dont j'ai vu utiliser la chair (enfermée dans une coque dure), dans un chutney cru, avec juste du sucre, des graines de cumin et du piment frais.

Y a quoi sur les marchés ?

Et côté légumes ?

Oui oui oui, ce sont des haricots verts !

Oui oui oui, ce sont des haricots verts !

pommes de terre et un genre de topinambour, moins fort en goût que le topinambour cependant, ici on appelle toujours ça pomme de terre (alu)

pommes de terre et un genre de topinambour, moins fort en goût que le topinambour cependant, ici on appelle toujours ça pomme de terre (alu)

Kunduri, famille de la courgette, à cuire sautée, puis mélangée dans des currys.

Kunduri, famille de la courgette, à cuire sautée, puis mélangée dans des currys.

Papaye verte, le fruit pas mûr se mange comme un légume, cuit en dalma ou utilisé en purée dans des gravys

Papaye verte, le fruit pas mûr se mange comme un légume, cuit en dalma ou utilisé en purée dans des gravys

Parwal, famille de la courgette, on le trouve quasi partout en ce moment, dans les sabjee et bhoja.

Parwal, famille de la courgette, on le trouve quasi partout en ce moment, dans les sabjee et bhoja.

"Drum Sticks", pas goûté, la seule chose que je sais c'est que ça amuse un peu les Indiens de penser que les Anglais n'ont pas trouvé de vrai nom pour ce légume !

"Drum Sticks", pas goûté, la seule chose que je sais c'est que ça amuse un peu les Indiens de penser que les Anglais n'ont pas trouvé de vrai nom pour ce légume !

Ocras ou ladys fingers, je croyais que j'aimais pas ça, mais avec ce niveau de maturité, ce n'est pas trop amer et en curry c'est très bon !

Ocras ou ladys fingers, je croyais que j'aimais pas ça, mais avec ce niveau de maturité, ce n'est pas trop amer et en curry c'est très bon !

Ridge Gourd, famille de la courgette aussi, pas goûté, mais fait partie de ces légumes amers, comme les autres qui ressemblent à des kiwis verts fluos avec des pics !

Ridge Gourd, famille de la courgette aussi, pas goûté, mais fait partie de ces légumes amers, comme les autres qui ressemblent à des kiwis verts fluos avec des pics !

Y a quoi sur les marchés ?

Et je termine pour cette fois par un petit tour au marché aux poissons. Celui du centre ville est composé d'une ribambelle d'étals comme celui-ci.
Il faut noter ici, comme d'ailleurs dans la plupart des étals quand les légumes ou les poissons sont à même le sol, le tabouret caisse, qui fait usage de siège et de caisse en même temps ! Les commerçants s'assoient sur leur matelas !

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