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CAP cuisine&innovation

Et si on mélangeait plus le végétal et l’animal ?

26 Avril 2014 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #analyse, #Veg

D’un point de vue Marché, on sépare vraiment les produits pour végétariens et ceux pour omnivores ; mais dans la mesure où les régimes flexitariens se développent, a-t-on raison d’un point de vue gustatif / organoleptique / technologique, même « si ça ne se fait pas » ?

Exemples où l’on peut avoir raison de mélanger les régimes végétariens et omnivores

  • Un plat préparé (ou un plat de restaurant), où l’on va habilement associer un peu de protéines animales et de protéines végétales avec un accompagnement
  • Un dessert où l’on mélange un produit laitier et un substitut de produit laitier

Ça paraît logique, quand on est végétarien, de chercher du plaisir, de la variété dans son alimentation, et de quoi obtenir tous les nutriments nécessaires à sa bonne santé.

Pourquoi on est végétarien : parce qu’on n’aime pas le goût de la viande, parce qu’on ne veut pas manger de produit animaux ; mais aussi on substitue un peu les produits animaux parfois pour des raisons de santé (le cholesterol, les mauvaises graisses…) ou d’allergie (les œufs, les fruits de mer…).

Mais si on n'est pas végétarien strict, qu'est-ce que qui empêche de mélanger les saveurs des produits animaux et végétaux ?

Parce que rien ne remplace les matières grasses laitières en terme de fixation de saveurs, parce que les matières grasses des viandes sont enveloppantes et savoureuses

Parce que nutritionnellement, c'est pas mal de mélanger les protéines végétales et animales, les matières grasses végétales et animales

Mais tout ça est peut-être loin des préoccupations de chacun, et demande peut-être de mieux instruire les consommateurs sur les atouts des produits.

En attendant, je vais continuer à faire des expériences : des boulettes de viande liées non pas l'oeuf mais à la farine de pois chiche, des plats avec peu de viande mais des pois et des légumes, des desserts au jus de soja ou de chanvre avec de la chantilly et des biscuits au beurre (ça c'est pas de moi, c'est très bon, et mon petit doigt me dit que l'on en entendra parler bientôt du côté de Douarnenez...)

Parce que ça m'amuse de disséquer les produits et leurs atouts nutritionnels ou culinaires, et de dissocier les composants des produits animaux et végétaux !

Ajout, le lendemain de la publication initiale :

Les personnes qui réfléchissent aux questions de protéines végétales le relèvent, notre éducation est vraiment basée sur des préceptes d'alimentation avec viande. Quand on demande à tout un chacun quelles sont les sources de protéines, les réponses sont spontanément la viande, le poisson, les oeufs, puis le lait.

Il faut être végétarien pour être plus informé, plus intéressé par les apports nutritionnels des différents aliments...

Et même le PNNS et son application pour la restauration collective notamment scolaire (le fameux, ou pas, GEMRCN) recommande des apports spécifiques pour 7 groupes d'ingrédients : VPO (viande, oeuf, fromage), légumes&fruits cuits et crus, produits laitiers, matières grasses, féculents, gras&sucré. ça a du sens, certes, cette classification, mais elle ne tient plus si on tente un régime à tendance végétarienne, car les plans alimentaires se basent sur un apport protéique principalement apporté par les VPO.

Au-delà de ça, les régimes sans gluten finalement peuvent pousser dans le sens de mieux expliquer les valeurs et atouts nutritionnels des aliments, car on en vient à remplacer le blé par des ingrédients qui ne sont pas exactement équivalents ; dont il faut compenser les propriétés nutritionnelles (féculents) et gélifiantes (protéines).

Il y a donc peut-être une voix à creuser là, sur ce type d'alimentation avec moins de produits animaux et plus de végétaux, mieux équilibrée, plus savoureuse, mieux comprise !

Et à propos, hier j'ai mangé une très étonnante pizza Esau, aux lentilles comme il se doit. Peut-être pas la meilleure du monde ni la plus belle du monde mais une piste intéressante à creuser en tout cas.

En parlant de ça d'ailleurs, une autre question : est-il plus facile de faire une jolie assiette, un joli dessert avec des produits animaux qu'avec du seul végétal ? Et si c'était un frein aussi à la consommation de produits végétaux, le fait que ce soit parfois moche (hors nos codes habituels de présentation ?), moins appétissant, que ça perde un peu d'eau... Monsieur Passard, vous ouvrez la voie, il y a encore du chemin à faire pour tous !

Voilà un sujet à explorer (encore un, tiens), le rapport entre consommation de viande et intérêt de la population pour une jolie présentation. Quand on voit comment ça ne préoccupe pas du tout les Indiens par exemple...

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Ce que je retiens de la fête de la coquille St-Jacques

14 Avril 2014 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #filière, #Bretagne

Ce que je retiens de la fête de la coquille St-Jacques

Je suis allée à Erquy dimanche, profiter du soleil, de la couleur de la mer, de la chaleur des 1ers rayons de soleil et voir à quoi ressemblait la fête de la St-Jacques.

Une vente directe de St-Jacques, en coquille (par filets de 5kg, ou 10 kg ?) ou décoquillées ; tout un tas d'étals type salon de la gastronomie, des animations musicales, des arts de la rue, dont 2 gousses d'ail géantes, en robe à carreaux qui se promenaient en se dandinant.

Et puis aussi des démos de cuisine de St-Jacques par des chefs de renom de la région.

Il fallait être Olivier Marie pour faire des meilleures photos que celle-là, mieux cadrées et prises de plus près en tout cas !Il fallait être Olivier Marie pour faire des meilleures photos que celle-là, mieux cadrées et prises de plus près en tout cas !

Il fallait être Olivier Marie pour faire des meilleures photos que celle-là, mieux cadrées et prises de plus près en tout cas !

J'ai assisté à la démo par Pierre Legrand (Aozenn à Rennes) et Sylvain Guillemot (auberge du Pont d'Acigné à Noyal sur Vilaine). Déjà, c'était un joli moment de complicité, détendu, et pendant lequel on a juste envie d'ouvrir très grand les oreilles et les yeux.

cuisson des St-Jacques, en brochette, oui, mais enfilées sur le sens de la fibre, car les bords du cylindre de la noix sont moins fragiles, on a moins de risque de surcuire.

des St-Jacques, du fenouil jeune, des asperges blanches, crues, à la mandoline. L'amertume de l'asperge ressort davantage cuit que cru.

on peut utiliser la barbe aussi.

ça peut être bien d'utiliser les noix après 24h de frigo, elles auront un peu séché et seront plus faciles à travailler.

l'intérêt d'un passage au congélateur, c'est de durcir la noix pour en faire plus facilement du carpaccio par exemple.

pas le truc de ces Chefs la noix congelée par contre, la St-Jacques se mange en saison (et d'ailleurs, c'est presque fini) et c'est mieux comme ça ; y a aura du homard à pas cher au mois d'août alors ce sera pas la peine de s'amuser avec des St-Jacques à ce moment-là...

J'ai bien aimé aussi ce qu'ils ont dit sur l'organisation du service : quand quelque chose est sorti du frigo, il n'y retourne plus ; on évite le choc thermique avec des passages au froid répété ; et on ne cuit pas les aliments trop longtemps avant le service, on évite les recuissons, mais c'est pour ça qu'il faut du monde en cuisine.

un carpaccio de St-Jacques, des betteraves rouges cuites, des zestes de citron bergamote infusés dans l'huile d'olive (on garde l'huile d'olive), une crème de chair d'avocat, avec jus de citron bergamote et un peu de crème montée.

...

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Cours de cuisine indienne, suite...

13 Avril 2014 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #Inde, #Recette, #analyse

il y a quelques mois, j'avais soumis au vote des personnes qui traînent sur ces lignes, le choix du menu de mon 1er cours de cuisine indienne.

Et j'avais complètement oublié que le byriani n'avait pas du tout eu la cote, et c'est pour ça que je l'ai proposé sans m'en inquiéter pour mon 2ème cours ; et finalement j'ai eu raison sans doute, cours complet (12 personnes) pour la 1ère édition, et j'ai remis ça la semaine dernière et je recommence encore la semaine prochaine. Le byriani c'est trop bon, mais c'est aussi trop long à préparer ; les clients n'ont pas l'air embêté par ça, mais moi je suis un peu gênée de proposer un plat qui demande 3 heure de préparation...

A moi donc de proposer d'autres menus indiens pour les cours de cuisine, parce que l'air de rien, la tendance bruisse un peu de ce côté. J'analyse pas pourquoi, mais je prends note.

Ce qu'il est resté du byriani... Et pourtant, je croyais en faire beaucoup trop...

Ce qu'il est resté du byriani... Et pourtant, je croyais en faire beaucoup trop...

Cours de cuisine indienne, suite...

Pour la suite, comme je ne veux plus faire de byriani en cours, Sandrine m'a demandé de proposer d'autres menus.

Je viens de relire les propositions que j'avais fait précédemment, et tant pis, je remets le couvert sur ces thématiques, mais je vais travailler les intitulés, plus français, moins indiens, plus compréhensibles...

J'ai envie de proposer un menu végétarien cette fois-ci :

  • un dalma (une soupe de lentilles mélangées à des légumes) + du riz, plat typique de l'Orissa, complet, un peu relevé, très aromatique, idéal pour saucer le riz...
  • des beignets de légumes (aubergines, fleurs de courgettes, oignons... selon la saison)
  • un curry de légumes (petits pois, épinards, carottes, courge, haricots, chou-fleur... selon la saison)

Celui-ci il est même sans gluten, et sans aucun élément animal, et sans souci !

  • des keftas de pommes de terre dans un curry aux courges ou courgettes (et cette recette-là bénéficie même d'une belle photo faite pour le compte des Produits Laitiers par Franck Hamel - parce qu'on finit joliment la recette par une belle noix de beurre !)
  • une raita de crudités
  • des légumes sautés aux épices (haricots, tomates, oignons, chou-fleur, céleri, bananes vertes... selon la saison) et au yaourt, si je trouve des feuilles de curry

Pour le fun, celui-ci c'est un menu indien sans riz et ça me permet de rappeler que parfois, dans le nord du pays, je me suis dit que c'était plus facile de faire une journée sans riz qu'une journée sans pommes de terre, car il y en a toujours un peu dans les recettes !

  • des parothas de pommes de terre, des genres de chapatis fourrés
  • un chutney tomates et dattes par exemple
  • upma, une genre de semoule fine gonflé avec des épices et quelques carottes et betteraves + un curry bien "soupy" avec quelques pois chiches ; et cette recette-là bénéficie déjà d'un billet ici !

Cette proposition est dans le ton des petits déjeuners ; on dirait brunch ? Mais peut-être un peu long à préparer...

Et je n'ai toujours pas réussi à caser des currys de pois chiches ou des dal makhani (mélanges de lentilles cuits ensemble jusqu'à compoter et former un genre de pâte, fini avec un peu de beurre et de crème éventuellement), parce qu'il faut faire des chapatis, et que les chapatis c'est très long à faire !

Et je n'ai toujours pas fait de dosas, mais là ça y est ma bilig est réparée, y a plus qu'à ! Vu une recette sur le site de Beendhi l'autre jour, qui ressemble à celle que j'ai. On n'y parle pas de l'indispensable coup de main qu'il faut ; ça laisse de l'espoir pour s'y mettre en croyant que c'est facile et possible !

Et je me dis qu'il est temps que je classe mes recettes, elles sont aujourd'hui notées par date auxquelles je les ai apprises, je feuillette, je feuillette pour retrouver tout ça.

Cours de cuisine indienne, suite...

Et aussi un menu sans piment :

  • veg korma, un curry blanc / jaune tout doux, avec des graines (noix de cajou...) et du lait de coco ; des haricots, des pommes de terre, des carottes, des choux-fleurs...
  • thoran de poulet : une jolie cuisson à l'étouffée avec du curcuma et de la noix de coco
  • ketcheri : du riz, quelque herbes et des lentilles corail, et c'est très fin
  • thé épicé (cardamone, poivre)

Celui-ci c'est une partie de mes solutions pour les repas avec enfants qui ont peur des épices, ou dont les parents en ont peur... !

J'ai fait un korma l'autre jour, Aude et Nico (bientôt cobayes en chef !) ont dit que c'est presque ce que je leur ai fait de meilleur depuis que je suis rentrée.

Cours de cuisine indienne, suite...

Et puis un vrai thali :

  • un curry de poulet, agneau, poisson, oeuf
  • du riz blanc tout simple
  • un dal, ce genre de soupe de lentilles
  • des légumes sautés, juste sautés
  • une raita, du yaourt et ... selon inspiration et marché
  • un petit chutney, s'il y a le temps
Cours de cuisine indienne, suite...

Et puis, pourquoi pas finalement me lancer dans un menu français typé indien

Et si je m'y penche, c'est sans doute que je commence à digérer toutes ces connaissances acquises. Un bon signe !

  • un pavé de poisson snacké, du lieu jaune par exemple
  • un dal makhani en accompagnement, pour apporter un peu de douceur, d'enveloppement
  • et puis aussi un curry un peu liquide (sangtura) de légumes mélangés (tomate, pomme de terre, courge, carotte, banane verte) pour faire une petite sauce
  • en dessert, peut-être l'enseignement de mes cours de cuisine récents, un gâteau au chocolat bien intense, servi avec un lassi au safran
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Toute une journée pour un dîner

6 Avril 2014 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #Recette, #légumes, #pâtisserie, #technique, #caramel, #marché

Le contraire de la cuisine des restes, j'ai d'abord passé un peu de temps à construire mon menu. Je partais pas de zéro, il fallait tourner autour de quelques produits que j'avais envie d'utiliser (du confit d'aubergine et de courgettes, du veau cuisiné) et tenir compte du fait que Nicolas n'aime pas le poisson, que Marine et Guillaume n'auraient sans doute pas envie de manger du poulet. Et élément complémentaire, un "défi" lancé à la volée à un ami qui devait cuisiner samedi soir également : on s'est imposé des asperges (parce que la saison commence) et une émulsion.

Voilà pour les contraintes, et donc une liste de courses pour le marché des Lices.

Il me fallait : un rôti de boeuf, des asperges, des carottes, des pommes de terre, du céleri, des oignons, du persil, des fraises, de la crème fraîche, des oeufs, du beurre, du pain, du vin blanc pour l'apéro.

Et puis laisser l'inspiration venir au fil des courses...

Au marché des Lices, on sent l'entre-deux saisons - on est en plein dans les poireaux, il reste des courges et des butternuts, mais il y a aussi des fraises, des asperges, et déjà des melons, des poivrons, des tomates... (qui ne doivent pas être du coin !)Au marché des Lices, on sent l'entre-deux saisons - on est en plein dans les poireaux, il reste des courges et des butternuts, mais il y a aussi des fraises, des asperges, et déjà des melons, des poivrons, des tomates... (qui ne doivent pas être du coin !)

Au marché des Lices, on sent l'entre-deux saisons - on est en plein dans les poireaux, il reste des courges et des butternuts, mais il y a aussi des fraises, des asperges, et déjà des melons, des poivrons, des tomates... (qui ne doivent pas être du coin !)

Toute une journée pour un dîner

Je ne me suis pas contentée du marché, tant qu'à vouloir bien faire les choses...

La boulangerie, et le caviste pour du vin et puis du saucisson fumé parce que j'ai trouvé un petit vin blanc qui va bien avec la charcuterie.

Plus facile en supermarché pour le beurre, les oeufs, la crème fleurette. Et j'ai aussi trouvé le nouveau pâté Hénaff épicé, que j'avais envie de goûter et de faire goûter.

Et puis à l'épicerie asiatique, qui fait bien plus que de l'épicerie, j'ai fait chou blanc sur ce que je cherchais mais ai trouvé du malanga, pour faire des acras, comme en Guadeloupe ; et ça aussi ça faisait plaisir de pouvoir le partager.

De retour à la maison, y avait plus qu'à se mettre au travail. Et il y en avait un peu... Et ça faisait longtemps que j'avais pas cuisiné autant, et c'est en pratiquant qu'on apprend, sans aucun doute.

Le résultat :

Les acras sans photo. Le malanga et la carotte râpés, de la farine de manioc, un peu de farine et d'eau pour bien lier. J'ai dû en rajouter un peu au moment de cuire. Pas inutile sans doute de laisser reposer un peu avant de cuire. Et ça marche beaucoup mieux avec de l'huile très chaude. En mémoire des beignets indiens, je n'ai pas salé la pâte, et j'ai bien salé les acras chauds, avec du sel aux herbes.

Toute une journée pour un dîner

Parmentier de veau

La viande : du collier de veau cuit en bouillon, comme pour en faire un fonds. J'ai poursuivi la cuisson jusqu'à ce que le jus s'évapore, que la viande se défasse bien, et commence à accrocher un peu, ce qui m'a permis de déglacer au vin blanc et d'apporter un peu d'acidité et de fraîcheur à l'ensemble.

L'écrasé de pommes de terre : des pommes de terre et du céleri boule, cuits ensemble à l'anglaise, écrasés et un peu séché dans la casserole, additionné de beurre, d'un peu de muscade, de 5 baies et de piment d'espelette.

Petite salade : de la mâche et du persil plat, avec de l'huile d'olive

Un trait de sauce, qui apportait un peu de rondeur : un jus corsé obtenu en laissant encore réduire un peu de viande, déglacé au vin rouge cette fois, un peu d'oignon, un peu de laurier et de thym, filtré et encore laissé réduire.

Ce que j'ai appris : céleri + pomme de terre + persil c'est assez doux et équilibré ; il faut pas mal de viande pour obtenir assez de suc pour le jus corsé.

Toute une journée pour un dîner

Filet de boeuf en croûte de courgette, riz aux asperges

La croûte : le confit de courgettes taillé en salpicon, de la chapelure et du beurre

La cuisson du rôti : marquer dans la poêle, saler et enrober de la croûte, enfourner, attendre et ne pas s'en occuper !

Les asperges "à la Passard" pour essayer : dans la poêle, les asperges vertes coupées en 3, les asperges blanches taillées dans le sens de la longueur pour éliminer au maximum les fils, un oignon, de l'eau à hauteur, du beurre. Et cuisson jusqu'à évaporation de l'eau

Les asperges "classiques", j'ai dû vérifier avant de le faire : à la cocotte minute 6 minutes

Le riz : dans mon bol à riz d'Inde, de l'ail, des graines de coriandre, un clou de girofle, une cardamone noire, un peu de laurier et de thym ; cuisson du riz par absorption avec 2 volumes d'eau sur le riz nacré. J'ai déposé les asperges vertes et blanches sur le dessus en fin de cuisson. Rien à voir avec un risotto, mais aucun risque-là à laisser trop longtemps et trop cuire

Une petite sauce : déglacé la poêle de la cuisson des légumes, un peu d'oignon, mouillé à l'eau, lié à la purée de confit d'aubergine, monté au beurre.

Ce que j'ai appris : la saveur de l'aubergine va très bien avec l'asperge, la leçon de Passard mise en pratique, mon entrée avec des légumes d'hiver, mon plat avec des légumes de printemps, et j'ai vraiment eu envie de ne pas mélanger mon céleri avec les asperges par exemple.

Et on s'est dit qu'on aurait pu faire la même chose avec un filet mignon de porc, peut-être mieux, même !

Toute une journée pour un dîner

Choux à l'orange

en pâture au milieu de la table, et chacun se sert.

Les choux : la recette du CAP, pas très facile à cuire avec mon four à gaz...

L'appareil orange : dans l'esprit des appareils à tarte au citron, une crème pâtissière mouillée au jus d'orange plutôt qu'au lait.

Le jeu de la poche à douille

Et puis, je me suis dit qu'il fallait un petit quelque chose d'un peu enveloppant, fort à la place de la meringue que j'avais prévu sur le dessus...

Caramel orange / vanille : j'ai blanchi 2 fois les zestes coupés en julienne, que j'ai ajouté au sirop dès que la coloration a commencé, en même temps que la gousse de vanille

32 petits choux, pour 6. 4 petits rescapés...

Ce que j'ai appris : l'appareil à "tarte à l'orange" c'est un joli mélange, bien équilibré et frais ; caramel + vanille + orange, c'est bien, et la chantilly vanillée avec, ça fonctionne aussi plutôt bien.

De petits éclairs, chantilly vanillée et fraises de Plougastel. J'ai chauffé un peu la crème pour que la vanille s'y infuse mieux, refroidi et laissé tout l'après-midi les saveurs diffuser. La vanille vient de Kumily (Kerala !) ; et sans doute que c'était bon, on a fini la chantilly, bol au milieu de la table, et on y a tous pioché au doigt ou à la cuillère...

De petits éclairs, chantilly vanillée et fraises de Plougastel. J'ai chauffé un peu la crème pour que la vanille s'y infuse mieux, refroidi et laissé tout l'après-midi les saveurs diffuser. La vanille vient de Kumily (Kerala !) ; et sans doute que c'était bon, on a fini la chantilly, bol au milieu de la table, et on y a tous pioché au doigt ou à la cuillère...

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Sus au restaurant et au café traditionnel, on continue !

1 Avril 2014 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #restaurant, #analyse, #innovation

Sus au restaurant et au café traditionnel, on continue !

Anti-café, le lieu public où l’on peut s’asseoir sans être obligé de manger ou de boire

Un concept qui viendrait de Russie ; 2 adresses à Paris pour le moment. J’ai testé celle de la rue Quincampoix, qui faisait le plein entre 14h et 15h au moins, chaque chaise ou fauteuil occupé par des personnes seules ou en petit groupe, autour d’un ordinateur bien souvent, ayant l’air de travailler au moins aussi souvent. Le créateur présente son concept comme un lieu possible de co-working, oui, on n’est pas loin des cafés des Fab’Labs.

Le principe, c’est qu’on ne paie pas pour ce qu’on consomme mais pour le temps qu’on passe, quels que soient les services associés dont on profite (wifi qui fonctionne très bien, imprimante, scanner, libre-service pour le manger et le boire).

Ce que dit le présentoir sur chaque table : le but c’est qu’on se sente ici comme à la maison, et qu’on fasse comme chez soi, on va se servir à manger ou à boire autant que l’on souhaite, on débarrasse sa place quand on s’en va.

Un grand comptoir / buffet avec ce qu’il faut de biscuits salés / sucrés, quelques fruits, du pain, de la pâte à tartiner, des sirops... Ici on n’est pas là pour pousser à la consommation, alors c’est du correct et propre, pas de l’« outrancieusement appétissant ». Des tiroirs qui débordent de thé en sachet, plutôt une qualité mieux que ce qu’on va trouver dans des cafés de base ; une machine à café à plusieurs becs.

Et 2 personnes pour accueillir, expliquer le fonctionnement, dire où sont les choses, remettre à l’entrée la carte magnétique qui servira à comptabiliser le temps passé, et demander le règlement au moment du départ. Tout ça très gentiment.

J’ai lu ou entendu quelque part que les gens ne consomment pas plus même si c’est gratuit. On prend juste ce que l’on veut, ce que l’on a besoin. C’est vrai qu’à l’inverse, hier par exemple, je me suis sentie obligée de consommer vu que j’occupais une chaise et une table ; ici on se sent plutôt respectueux de la nourriture mise à disposition de nous et des autres, et ça invite à se servir raisonnablement.

4€ la première heure, c’est vraiment pas couteux, surtout à Paris. Je m’étais imaginé que c’était du coup un lieu plutôt excentré, plein de récup et d’associations d’objets hétéroclites ; en fait, c’est assez coquet, tout près de Beaubourg, et confortable.

Un autre modèle économique est donc possible ?

J’aimerais assez savoir comment c’est perçu dans le quartier, très fourni en débits de boissons et restaurants en tout genre.

Boco

3 adresses à Paris, moi j’ai testé celle du Cours St-Emilion à Bercy Village, ambiance bobo / parc d’attraction propret, plutôt agréable et conviviale, un peu esprit « vacances / on s’échappe du quotidien » ; on n’est pas loin du musée des arts forains, y a pas de hasard…

Ici aussi, on renverse tout : on peut manger à toute heure, des plats de chefs, même pas cuisinés sur place.

Les propositions de la carte sont en libre-service, entrée, plat, dessert. On prend un panier, on fait son petit marché et on règle à la caisse. Si c’est pour manger sur place, on vous réchauffe le plat et on vient vous l’apporter à table. Mais le couvert n’est pas mis, on se sert en fourchette et cuillère près de la caisse. (détail à noter : ce qui est en bocal est prêt à manger, une fourchette ou une cuillère suffit, on n’a pas besoin de couteau, ni donc d’assiette pour faciliter le tranchage).

Les plats sont fabriqués en majorité avec des produits bio, parce que les créateurs du concept veulent que les clients aient confiance dans les plats proposés (et ça dit quelque chose !).

Le choix : satisfaisant. 6 ou 7 propositions pour chaque moment du repas. Des choses originales, des appellations appétissantes, au-delà du seul nom du chef ; je pense qu’il y en a un peu pour tous les goûts, les traditionnels et les aventuriers, les gourmands et ceux qui veulent des choses vraiment légères.

Le prix : correct. Le plat est entre 7 et 10 euros, pour une portion honnête (peut-être pas adaptée gros mangeur ?).

Le goût : j’ai bien aimé le plat que j’ai pris. Beaucoup moins le dessert (peut-être qu’il est encore un peu tôt pour les fraises quoi qu’en disent les producteurs ?)

Le confort : plutôt bien. Je n’y suis restée que le temps de manger mais il me semble qu’on peut facilement y trainer, s’y installer, au moins en dehors des heures « traditionnelles » des repas.

Et, qu’il est agréable de pouvoir manger correctement et chaud et varié, même si on a laissé passer l’heure du déjeuner ! Le concept ici le permet, tout en respectant une organisation de travail décente pour les équipes de cuisine.

Ça n’enlève rien à l’intérêt du vrai restaurant où l’on sait que le chef est tout près, qu’il vient de cuisiner pour nous, mais c’est un système intéressant et qui répond à une attente certainement.

Tout ça invite à briser les codes, à être imaginatif et audacieux, à se questionner et à observer nos modes de vie. ça interroge aussi sur la définition d'un restaurant...

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