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CAP cuisine&innovation

Les anglais ont gagné ?

11 Novembre 2013 , Rédigé par Véronique Le Berre Publié dans #analyse, #à emporter, #pâtisserie

Loin de moi l’idée de rentrer dans des considérations footballistiques. D’ailleurs y avait un match ?

Et je n’ai pas ambition de parler politique non plus. Parlons cuisine : la « perfide Albion » a-t-elle pris le pas sur la gastronomie à la française ?

Ce qui me fait penser ça c’est « l’invasion » de mots anglais dans le vocabulaire de la cuisine, de la bouffe, de la nourriture, du manger… Multitude de mots pour en parler en français, pas un de pleinement satisfaisant. En anglais : « food » et tout est dit. J’adopterais bien le mot breton : « boued » mais je ne le trouve pas assez joli, oui c’est bête sans doute.

La « food » est entrée en France avec le fast-food, « mon dieu quelle horreur » ; auquel les Italiens ont répondu par le mouvement « slow-food », qui n’a pas tellement pris en France, parce qu’on n’a pas besoin d’une « marque » pour continuer à faire ce qu’on faisait déjà ; c’est ce que disent pas mal de personnes, je les rejoins assez.

N’empêche, on décline la « food » à toutes les sauces depuis : food truck, food service, fooding, porn-food, street food…

Et encore des mots anglais pour désigner des façons de faire plutôt bonnes : slow-fish, fast-casual…

Et même le mot « French cuisine » qui est au niveau international la façon la plus commode de parler de la tradition culinaire et gastronomique française.

Les anglo-saxons ont gagné alors ? C’est avec des mots anglais qu’on parle le mieux de la cuisine de qualité ? des tendances culinaires ?

En tout cas, la langue anglaise est un moyen pour remettre au goût du jour certains ingrédients. En témoigne le succès de la cranberry… Aurait-il été un fruit aussi bon, nutritionnellement intéressant, « fashion » (tiens, tiens…) si on avait continué à l’appeler canneberge ?

Et si c’était l’avenir du Cynorrhodon (ou gratte-cul, le fruit de l’églantier, un autre « super-fruit ») de se renommer « rosehip » ?

Malgré toute la fierté que l’on peut avoir de la « French Cuisine », c’est quand même intéressant de se dire aujourd’hui que l’on peut manger tout à fait bien outre-manche et pas seulement de la cuisine indienne (même si…).

Il y a les grands noms « people » d’Angleterre : FatDuck, Jamie Oliver, Gordon Ramsay… Objectivement il y a 15 ans, on n’aurait pas parié là-dessus, que des Anglais puissent donner des leçons de cuisine ! Les temps changent et ça ouvre les esprits, et moi je m’en réjouis !

Il y a aussi la redécouverte de la cuisine traditionnelle anglaise, dont on parle de plus en plus.

Et tout un tas de mets anglais ou américains qui rentrent petit à petit dans notre culture culinaire, mondiale, française, globale… cookies, cheese-cakes, curd, fudge, crumble, burger, sandwiches…

Au mois de novembre, il est devenu tout à fait normal de parler de la dinde de Thanksgiving, et même de l’essayer,

La pâtisserie française a encore de beaux jours devant elle mais elle s’inspire, elle s’inspire… des cake-design (avec tout le bien que j’en pense…) et autres Philadelphia

Et le burger et le sandwich ont maintenant pris leurs lettres de noblesse ; on peut s’attabler avec plaisir devant un burger dans un palace parisien, ou cuisiner à la maison un burger gourmand ; loin du fast-food subi des années 80-90 ! Fast-casual, Fooding et désacralisation de la haute-cuisine "à la Française" (prononcez avec l'accent british).

Mais difficile en tout cas d’échapper à l’anglais pour tout ce qui se rapporte à la cuisine de rue, tant qu’on n’a pas inventé le modèle français (et j’en rêve !), on utilise forcément les termes des autres langues. Les Espagnols ont les bocadillos, et nous c’est pour quand ? Et qu’est-ce que l’on proposera ?

C’est un peu frustrant de se dire que la cuisine française, que l’on mange, que l’on déguste, que l’on rêve, se raconte à renforts de mots anglais. Peut-on faire autrement ? Je compte donc me lancer, avec un peu de mauvaise foi, dans un lexique anglais>français, que je vais tenter de nourrir petit à petit. Pour voir si l’on peut se passer des mots anglais. Pas sûr…

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Véronique Le Berre 21/11/2013 20:01

Si on fait le parallèle avec les autres domaines d'activité, les NTIC, la culture, est-ce qu'on retrouve autant d'anglicismes ? Sans doute (Main Stream, cookies, PC, set, unplugged, flash...) ! Quel sens donner à ces similitudes dans ce cas ? Et y a-t-il des domaines de loisir ou économiques ou scientifiques où l'anglais serait moins présent ? (un bon gros sujet de recherche inutile pour personne ayant du temps à perdre...)

Véronique Le Berre 17/11/2013 10:30

La question sera finalement de savoir si c'est la langue anglaise qui va gagner car elle décrit mieux ce qu'on fait aujourd'hui (one-hand snacking, brunch) ; ou si c'est les cultures anglo-saxonnes culinaires qui vont dépasser les nôtres (cake design, brunch...)