Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
CAP cuisine&innovation

Détour touristique et considérations sociologiques de comptoir

7 Novembre 2012 , Rédigé par capcuisineetinnovation Publié dans #Inde, #analyse

 

 

 

POLITESSE, PONCTUALITE

Il y a un mot, même plusieurs pour dire bonjour ici. « Namaste » le plus courant, « Namaskar » quand on veut montrer du respect à la personne que l'on salue, « Jai Jagannath » ici, qui sonne comme un Joyeux Noël qu'on peut se souhaiter toute l'année vu que l'on est dans un lieu saint où c'est la fête de Jagannath toute l'année.
Mais je dirais qu'ils ne relèvent pas du même sens que pour nous. Ça ne semble pas utile ici de dire bonjour et au-revoir, comme si le temps ne comptait pas. On n'a pas besoin de marquer le début de la rencontre par un bonjour et la séparation par un au-revoir, on se salue quand on se voit. Point.
Et côté ponctualité (la politesse des rois), il y a à boire et à manger ! L'Inde a peut-être les meilleurs chemins de fer du monde, avec à la fois le plus grand nombre de trains arrivant à l'heure chaque année, mais aussi les plus gros retards. L'attente fait partie de la vie, il faut voir la quiétude des Indiens qui attendent un train en gare pendant plusieurs heures.
Et pour les rendez-vous fixés d'une personne à une autre, ça peut être de la plus grande rigueur un jour au plus invraisemblable retard le lendemain. On en fait à sa tête en fait, selon sa volonté ! Un engagement pris vaut, sauf si quelque chose de plus important s'est présenté dans l'intervalle, et on a vite fait aussi de se laisser embarquer dans une conversation qui va entraîner un chai, une autre conversation et une certaine perturbation dans l'organisation de la journée. Mais comme on a tout le temps devant soi, c'est pas si grave !

Détour touristique et considérations sociologiques de comptoir

Ce matin, réveil 4h30 pour partir faire un tour en vélo avec Heindrich, un allemand qui passe 6 mois de l'année en Inde depuis 19 ans, qui a arpenté tout le secteur de Puri et connaît bien tous les chemins qui mènent aux différents villages alentour.
L'occasion de voir l'Inde qui sort un peu des sentiers battus par les touristes et de s'écarter pendant un temps de la foule et des bruits de la ville.
L'occasion aussi de faire un petit intermède à prétention sociologique, sur la route.

LA ROUTE

Côté infrastructures, il y a de tout, de la route très bien entretenue qui ressemblent aux nôtres, aux petits chemins de terre qui desservent certains villages. Dans les zones vraiment marécageuses, je suis impressionnée par les surélévations des routes et chemins à 2-3 mètres de haut et qui supportent allègrement la mousson chaque année.
Il a beaucoup plu ces derniers jours, dans quelques endroits de la ville, où la route n'est pas goudronnée, il faisait bon hier passer en moto, plutôt qu'à pied où j'aurais eu inévitablement de l'eau jusqu'aux mollets.
Et alors elles sont vraiment dangereuses les routes en Inde ? Eh bien, c'est-à-dire que le code de la route est très « Indian Style » !
Quand on prend la route ici, on vous dit toujours « take care », et ce n'est pas juste une formule de politesse ; si on ne fait pas attention à soi-même sur la route, ce ne sont pas les autres qui le feront pour nous.

Détour touristique et considérations sociologiques de comptoir

Le klaxon, dont usent et abusent les Indiens (ah ce bruit incessant dans les rues et sur les routes...), signifie, selon moi, « tu te pousses ou je te pousse », et la plupart du temps ce n'est pas une question. Question de culture et d'habitude, beaucoup de rickshaws et de camions l'indiquent clairement : « please horn » (svp klaxonnez).

Héritage de la couronne d'Angleterre, on roule ici à gauche, ce qui n'est pas évident pour nous autres français au moment de traverser les routes à pied !
Ceci étant, il faut aussi toujours considérer la voie de droite comme une voie d'accélération (ou de raccourci) pour les 2 roues, et on traverse un peu plus loin quand la route est dégagée.
Rien d'étonnant donc à ne pas trouver de passage piéton ici, et si on s'est engagé à traverser et qu'une voiture arrive finalement, ce n'est pas la voiture qui freine pour laisser passer le piéton, c'est le piéton qui s'arrête au milieu de la chaussée et attend. Priorité au plus fort, toujours !

Détour touristique et considérations sociologiques de comptoir

Alors, quand même, règle de prudence élémentaire que j'ai toujours constatée : on adapte la vitesse à la difficulté de la route, à la fréquentation. Et je dois dire que je n'ai jamais eu peur sans casque à l'arrière de tous les scooters, motos et mobylettes sur lesquels je suis montée ! (Maman, ne t'inquiète pas ! C'est pas des blagues, je trouve vraiment que ce sont des conducteurs prudents).
Ce qui fait de la route ici un exemple de ce qui se dit du pays parfois : « une anarchie qui fonctionne ».

Détour touristique et considérations sociologiques de comptoir
LA CONSTRUCTION :

A Puri en tout cas, on construit grand. Vraiment grand. Le patron de l'hôtel où je loge vient de terminer sa maison : 3 étages sur plus de 150 m² au sol sûrement.
Pour le moment, seul le rez-de-chaussée est terminé, il suffit à loger une chambre pour les parents, une chambre pour la famille de chacun des 2 frères et une grande pièce à vivre ; standards européens sauf que toute la famille dort dans la même pièce, comme cela se fait ici. On pense qu'on finira les étages quand on disposera d'un peu plus d'argent. C'est-à-dire peut-être jamais ! Il y a beaucoup d'immeubles et d'hôtels à Puri qui ont commencé à se délabrer d'en bas avant que les étages soient finis. Et ça me semble assez significatif de la mentalité indienne. La maison est un élément de richesse extérieure, que l'on ait pu la finir ou pas. On s'en remet à sa chance dans le futur pour entretenir le bâtiment. Et on va souvent privilégier le cliquant à une modeste demeure que l'on aura la capacité d'entretenir. Ceci dit, pas sûr que le système de crédit fonctionne comme chez nous, pas sûr du tout ! Pas sûr que l'on fasse appel au crédit pour construire, pas sûr que tous les Indiens aient un compte en banque.

Un hôtel en construction, un rien clinquant (!), qui sera peut-être fini un jour...

Un hôtel en construction, un rien clinquant (!), qui sera peut-être fini un jour...

UN ANGLAIS APPROXIMATIF ET SUPERLATIF:

Parmi les stars de Bollywood, on parle sérieusement de la hiérarchie entre les stars et les superstars. Confusion ou souhait de distinction, les propriétaires de quelque entreprise ou bâtiment que ce soit s'appellent ici « Honour », alors que « owner » aurait peut-être bien fait l'affaire !?
De même, les titres pompeux sur les cartes de visite ou sur les plaques d'entrée des propriétés ne manquent pas. Mais, il faut relativiser, à nous cela apparaît pompeux, c'est du respect et quelque chose de tout à fait normal ici.
Anecdotes amusantes, les traductions approximatives sont légion ; pas facile en fait de passer de la prononciation de l'hindi (avec ses plus de 25 ou 30 consonnes différentes) à celle de l'anglais. On n'accorde donc pas la même importance que nous au choix de certaines lettres. Les beignets en farine de besan (obtenue à partir d'une variété de dal) s'appellent pakoda ou pakora selon les lieux, les chapatis feuilletés parotha ou paratha... Quand je parle de Haldi (curcuma) avec la femme de Brahma en cuisine, il n'est pas rare qu'elle ne me comprenne pas, alors que pour nous, il n'y a pas 30 façons différentes de prononcer ce mot !
Et mes préférés ce sont les usages de mots pas du tout appropriés, tel le miteux « Sheraton Hotel » de Puri ou les mélanges : Voulez-vous apprendre l'anglais à l'Oxbridge Institute ? Hey, pourquoi choisir entre Oxford et Cambridge quand on peut avoir les 2 ?

Détour touristique et considérations sociologiques de comptoir
POLITESSE, PONCTUALITE

...

Détour touristique et considérations sociologiques de comptoir
Détour touristique et considérations sociologiques de comptoir

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Véronique 26/05/2013 22:09

Complément sur la construction :
il n'y a pas vraiment de permis de consruire en Inde, chacun doit être un peu libre de faire ce qu'il entend sur son propre terrain. On n'est donc jamais à l'abri de voir un immeuble de 3 ou 4 étages s'élever à quelques centimètres de ses fenêtres.
Vu et constaté, la lumière toute la journée dans des pièces rendues complètement aveugles.
La loi du plus fort encore une fois...